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Un mulot dans la maison ?

7 min de lectureDavid Terrade
Un mulot dans la maison ?

Un mulot dans la maison est le plus souvent un visiteur venu de l'extérieur, attiré par un abri et de la nourriture facile : graines, réserves, sacs d'aliments pour animaux. Il se distingue de la souris surtout par ses yeux, plus gros, et par son ventre blanchâtre, nettement plus clair que le dos. Pour s'en débarrasser durablement, il faut fermer les accès du garage et des portes, ranger les réserves dans des contenants fermés, puis éliminer les individus installés avec une méthode adaptée à l'espèce.

Dans l'agglomération toulousaine, les maisons proches des bois et des champs sont les plus exposées, comme à Mondonville, en lisière de la forêt de Bouconne, où mulots et surmulots se réfugient dans les composteurs et les abris de jardin. Voici comment l'identifier, ce qu'il risque d'abîmer, ce que l'on sait vraiment de ses risques sanitaires et comment le tenir dehors.

Qu'est-ce qu'un mulot ?

Le mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) est un petit rongeur sauvage, présent un peu partout en Europe selon l'INPN. Selon l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), géré par le Muséum national d'Histoire naturelle, il mesure à l'âge adulte :

  • 7 à 11 cm pour le corps ;
  • 7 à 10 cm pour la queue, soit à peu près la longueur du corps ;
  • 18 à 30 g.

Son pelage est gris-brun sur le dos, plus clair et plus jaunâtre sur les flancs, avec un ventre blanchâtre. L'INPN le décrit comme omnivore et opportuniste : graines, glands, bourgeons, insectes. Il creuse lui-même un nid composé d'une chambre et de réserves alimentaires, et il est surtout actif la nuit.

Il préfère les milieux forestiers mais habite tout type de milieu, et l'INPN précise qu'il « peut se retrouver dans les bâtiments ». Il se reproduit toute l'année, surtout de mars à octobre, et une femelle peut avoir plusieurs portées par an.

Une espèce voisine, le mulot à collier, lui ressemble beaucoup. Il est légèrement plus grand, avec une queue plus longue et une tache sur la poitrine plus large, qui forme souvent un collier complet.

Mulot, souris ou campagnol : comment les distinguer ?

Trois petits rongeurs sont souvent confondus autour d'une maison. Les repères ci-dessous viennent des fiches de l'INPN.

Critère Mulot sylvestre Souris grise Campagnols
Yeux gros plus petits que ceux du mulot plus petits que ceux du mulot
Oreilles grandes grandes plus petites que celles du mulot
Queue longue, environ la longueur du corps très longue, annelée, elle aussi proche de la longueur du corps plus courte que celle du mulot
Pelage dos gris-brun, flancs jaunâtres, ventre blanchâtre gris à gris-brun, ventre un peu plus clair sans limite nette variable selon l'espèce
Mode de vie sauvage, préfère les bois, entre parfois dans les bâtiments commensale de l'homme, vit dans les bâtiments variable selon l'espèce

Le meilleur repère pour séparer le mulot de la souris reste l'œil : l'INPN indique que la souris grise se distingue des mulots par ses plus petits yeux. Le contraste du pelage aide aussi : le mulot a un ventre nettement plus clair que le dos, alors que chez la souris la transition est floue. Quant aux campagnols, l'INPN précise que le mulot s'en distingue par ses grandes oreilles, ses gros yeux et sa longue queue.

La différence a des conséquences pratiques. La souris grise est installée à demeure dans les bâtiments ; le mulot y entre depuis l'extérieur. Chez lui, le travail porte donc d'abord sur les accès et les abords. Si l'animal aperçu ressemble plutôt à un rat, notre article sur la différence entre un rat et une souris complète ces repères. Le mulot sylvestre n'est pas une espèce protégée, mais la liste nationale des mammifères terrestres protégés (arrêté du 23 avril 2007) inclut d'autres petits rongeurs, comme le muscardin : on identifie l'animal avant d'agir.

Pourquoi un mulot entre-t-il dans une maison ?

Pour un abri et de la nourriture, que les annexes d'une maison lui offrent facilement.

  • Le garage et l'abri de jardin, rarement fermés hermétiquement, souvent encombrés, avec des cartons et des bâches qui font de bonnes cachettes.
  • Les graines, sa nourriture de base : sacs de graines pour oiseaux, semences du potager, grains pour les poules.
  • Les aliments pour animaux stockés dans leur sac d'origine.
  • Un bas de porte qui ne ferme pas : un garage ou une porte de service avec un jour sous le battant suffit à le laisser passer.

Près d'une haie, d'un bois ou d'un champ, il n'a que quelques mètres à parcourir pour trouver la porte du garage.

Quels dégâts un mulot peut-il causer ?

Ses dégâts sont surtout alimentaires et matériels. Le mulot fait des réserves : il entame les sacs de graines, de croquettes ou de grains, et peut déplacer de la nourriture vers un recoin. On le repère souvent ainsi, à un sac percé ou à des graines entamées.

Comme tout rongeur, il ronge aussi des emballages et des cartons, en particulier dans une remise ou un garage peu fréquentés. Ses crottes et son urine souillent ce qu'il touche, ce qui impose de jeter les denrées concernées. Le signe le plus parlant reste une accumulation de crottes et de graines rongées au même endroit.

Mains gantées vissant un bas de porte à brosse sur une porte extérieure en bois

Le mulot est-il dangereux pour la santé ?

Ce qui est établi. Selon l'INRS, les mulots figurent parmi les rongeurs qui peuvent servir de réservoir à la leptospirose. La bactérie passe dans l'urine et se transmet par contact de la peau abîmée ou des muqueuses avec cette urine, ou avec de l'eau ou un sol contaminés.

Ce qu'il ne faut pas attribuer au mulot. Le hantavirus Puumala est souvent associé aux rongeurs des bois. Mais selon la fiche de l'INRS mise à jour en janvier 2026, son réservoir en France est le campagnol roussâtre, et les cas humains sont détectés dans le quart nord-est du pays, avec une extension progressive vers d'autres régions comme le Centre-Val de Loire. Nous n'avons trouvé aucune source d'autorité qui désigne le mulot sylvestre comme réservoir de ce virus.

Les précautions de nettoyage restent les mêmes, quel que soit le rongeur :

  • portez des gants étanches et ne touchez jamais un animal mort à mains nues ;
  • ne balayez pas à sec : l'INRS cite le balayage d'une cave, d'un garage ou d'une remise parmi les activités qui mettent les poussières contaminées en suspension ;
  • lavez-vous soigneusement les mains après le nettoyage ;
  • jetez les aliments que le mulot a pu toucher.

En cas de fièvre ou de symptômes inhabituels dans les semaines qui suivent, consultez un médecin et signalez-lui ce contact. Notre article sur les dangers des rats et des souris détaille ces maladies.

Comment se débarrasser des mulots durablement ?

En les empêchant d'entrer d'abord, en éliminant ensuite ceux qui sont déjà là. Dans cet ordre, sinon d'autres prennent la place.

1. Fermer les accès. Posez un bas de porte à brosse sur la porte du garage et sur les portes de service, vérifiez les seuils, les passages de tuyaux et les grilles d'aération, et colmatez les jours que vous repérez. Les mêmes points d'entrée servent aux souris, comme nous l'expliquons pour les souris dans les combles.

2. Supprimer la nourriture. Rangez graines, semences, grains et croquettes dans des bacs rigides fermés, jamais dans leur sac d'origine posé au sol. Rentrez les gamelles le soir.

3. Désencombrer. Moins il y a de cartons et de bâches au sol, moins le mulot trouve où nicher.

4. Éliminer les individus installés. C'est là que l'identification compte. Chaque autorisation de rodenticide délivrée par l'ANSES précise les espèces visées : celle que nous avons consultée ne cite que la souris domestique, le rat brun et le rat noir. Contre le mulot, nous n'utilisons donc qu'un produit dont l'autorisation vise l'espèce, ou le piégeage, toujours dans des dispositifs sécurisés hors de portée des enfants et des animaux.

Sur une dératisation, nous commençons par confirmer l'espèce et repérer les accès, puis nous posons les dispositifs adaptés, revenons contrôler l'activité et vous indiquons les points à corriger. Nos techniciens sont agréés Certibiocide, et l'intervention est couverte par une garantie résultat.

Un mulot dans la maison n'a rien d'une fatalité. C'est un rongeur des bois et des jardins qui profite d'une porte mal fermée et d'un sac de graines ouvert. Fermer les accès, ranger les réserves et identifier l'espèce avant tout traitement suffit le plus souvent à le renvoyer dehors pour de bon.

Questions fréquentes

Le mulot est-il une espèce protégée ?

Non. Le mulot sylvestre ne figure pas sur la liste nationale des mammifères terrestres protégés, fixée par l'arrêté du 23 avril 2007. En revanche, cette liste protège d'autres petits rongeurs, comme le muscardin ou le campagnol amphibie, qui vit au bord de l'eau. D'où l'intérêt d'identifier l'animal avant d'agir.

Un mulot dans la maison signifie-t-il une infestation ?

Pas forcément. Le mulot vit surtout dehors et peut entrer seul dans un garage ou une remise. Mais selon l'INPN, une femelle peut avoir plusieurs portées par an. Si vous trouvez des crottes à plusieurs endroits, des graines entamées ou un nid, la présence est installée.

Comment reconnaître un mulot d'un coup d'œil ?

Regardez d'abord les yeux et le ventre. Selon l'Inventaire national du patrimoine naturel, la souris grise se distingue des mulots par des yeux plus petits, et le mulot sylvestre a un dos gris-brun aux flancs plus jaunâtres et un ventre blanchâtre. Ses grandes oreilles et sa longue queue le distinguent surtout des campagnols.

Les mulots transmettent-ils des maladies ?

Selon l'INRS, les mulots font partie des rongeurs qui peuvent porter la leptospirose, transmise par l'urine. Pour le hantavirus Puumala, en revanche, l'INRS désigne le campagnol roussâtre comme réservoir en France, pas le mulot. Nettoyez toujours leurs traces avec des gants et sans balayer à sec, et consultez un médecin en cas de fièvre après une exposition.

Peut-on utiliser de la mort-aux-rats contre les mulots ?

Pas sans vérifier l'étiquette. Chaque autorisation de rodenticide délivrée par l'ANSES précise les espèces visées, et celle que nous avons consultée ne cite que la souris domestique, le rat brun et le rat noir. Ces produits sont en outre dangereux pour les enfants, les animaux domestiques et la faune. Le piégeage et la fermeture des accès sont souvent plus adaptés.

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