Pour boucher les trous de souris durablement, il faut des matériaux qu'elles ne rongent pas : laine d'acier inoxydable tassée puis scellée, grillage métallique à mailles fines, mortier ou tôle. Une ouverture de la largeur d'un crayon, environ 6 mm, suffit à une souris selon les CDC américains. Deux règles encadrent le chantier : traiter les souris présentes avant de fermer, et ne jamais obstruer une entrée d'air ni une ventilation d'appareil de chauffage.
Le colmatage est l'étape que nous voyons le plus souvent négligée sur nos interventions dans l'agglomération toulousaine. Un traitement élimine les souris installées ; seuls des accès fermés empêchent les suivantes d'entrer. Voici où chercher, avec quoi boucher, dans quel ordre, et où s'arrêter.
Quelle taille de trou suffit à une souris ?
Bien moins que ce que l'on imagine. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) indiquent qu'une souris passe par un trou de la largeur d'un crayon, soit environ 6 mm de diamètre. L'extension de l'université du Nebraska donne le même ordre de grandeur : une souris n'a besoin que d'un interstice d'un peu plus d'un quart de pouce.
Les fentes plus étroites ne sont pas pour autant sans risque. La même source rappelle que les rongeurs peuvent rapidement agrandir une petite fissure en la rongeant, surtout lorsqu'ils trouvent une arête ou une surface rugueuse où prendre appui.
En pratique, tout jour dans lequel vous pouvez glisser un crayon mérite d'être fermé, et toute fente plus fine qui borde un passage de rongeurs mérite d'être surveillée.
Où chercher les passages ?
Les souris entrent rarement par un trou bien visible au milieu d'un mur. Elles suivent les canalisations, les gaines et les jonctions entre matériaux. Les CDC dressent une liste des points à inspecter, à l'intérieur comme à l'extérieur, que nous complétons de ce que nous rencontrons dans les maisons de la région.
| Où regarder | Ce que l'on cherche |
|---|---|
| Sous l'évier, derrière le lave-vaisselle | jour autour des tuyaux d'eau et d'évacuation |
| Chauffe-eau, chaudière, cheminée | passages de tuyaux et de conduits, à signaler à un chauffagiste plutôt qu'à colmater soi-même |
| Derrière l'électroménager | arrivées électriques, de gaz, d'eau |
| Bas des portes, porte de garage | espace sous la porte, joint absent ou rongé |
| Coffres de volets roulants | jour autour de la sangle ou du coffre |
| Façade et soubassement | jonction entre le mur et le sol, fissures |
| Toiture, avant-toits, combles | jonctions de toiture, grilles d'aération des combles, observées depuis le sol ou la trappe, sans monter sur le toit |
| Vide sanitaire, cave | grilles d'aération basses, passages de réseaux |
Pour les portes, l'extension de l'université du Nebraska recommande que l'espace entre le bas de la porte et le seuil reste inférieur à un quart de pouce, environ 6 mm. Un balai de porte ou un seuil rehaussé, de préférence protégé par du métal, règle souvent le problème.
Dans les bourgs anciens, les caves et les toitures offrent beaucoup de ces jonctions : c'est ce que nous observons par exemple dans le centre bastide de Grenade, où les souris s'installent dès l'automne.
Quels matériaux résistent aux dents d'une souris ?
Ceux qui sont durs, lisses et métalliques ou minéraux. Les recommandations convergent :
- La laine d'acier inoxydable ou de cuivre, tassée fermement dans l'ouverture. L'extension de l'université du Nebraska précise qu'une laine d'acier ordinaire rouille avec le temps et ne vaut que comme solution provisoire.
- Un mastic par-dessus la laine, pour la maintenir en place : c'est la méthode décrite par les CDC pour les petits trous.
- Le grillage métallique galvanisé à mailles d'un quart de pouce, environ 6 mm, pour les souris selon l'université du Nebraska.
- Le mortier ou le ciment, pour les fissures de maçonnerie et les passages de tuyaux dans un mur.
- La tôle ou un profilé métallique, pour protéger le bas d'une porte ou couvrir une ouverture plus large.
Pour les grands trous, les CDC citent le grillage, le métal, le ciment, le treillis métallique et la tôle. La règle commune : la face exposée aux dents doit être en métal ou en matériau minéral.

Quels matériaux une souris ronge-t-elle ?
La liste est longue, et elle comprend plusieurs produits vendus pour « boucher les trous ». Le programme de lutte intégrée de l'université de Californie juge inefficaces contre les souris le grillage en plastique, le caoutchouc, le vinyle, la mousse isolante expansive, le bois et les autres matériaux qu'elles peuvent ronger. L'extension de l'université du Nebraska ajoute l'aluminium en feuille fine, et même le parpaing quand les dents trouvent une arête ou une surface rugueuse.
Trois erreurs reviennent souvent :
- La mousse expansive seule. Elle remplit bien un vide, mais une souris la traverse. Elle n'a d'intérêt qu'en complément, derrière ou autour d'une barrière métallique.
- Le joint de porte en caoutchouc. Utile contre les courants d'air, il ne résiste pas longtemps aux dents.
- La cale en bois ou le bouchon en plastique. Ils retardent le passage, ils ne l'empêchent pas.
Pourquoi traiter avant de boucher ?
Parce qu'un trou fermé sur des souris installées crée deux problèmes au lieu d'en régler un. L'extension de l'université du Nebraska le dit clairement : tant que l'on ignore si une ouverture est utilisée par un animal, on ne la ferme pas avant d'avoir identifié l'espèce et décidé d'un plan de lutte.
Une souris enfermée dans une cloison ou un doublage cherche une autre sortie et la trouve souvent du côté habité, en rongeant une plinthe ou un passage de gaine. Si elle meurt sur place, c'est l'odeur qui apparaît, sans accès simple pour retirer le cadavre.
L'ordre que nous suivons est donc le suivant :
- Le diagnostic : repérer les entrées, les trajets et l'espèce.
- Le traitement : postes sécurisés posés sur les trajets, hors de portée des enfants et des animaux, puis contrôle de l'activité.
- Le colmatage : quand l'activité a cessé, fermeture des passages identifiés avec des matériaux résistants.
- La vérification : contrôle des points refermés lors du dernier passage.
Ce déroulé est celui de notre dératisation, couverte par une garantie résultat. Notre guide pour se débarrasser des rats et des souris le replace dans la méthode complète.
Peut-on boucher une aération ?
Non, et c'est la limite de sécurité la plus importante de tout le chantier. Santé publique France rappelle qu'il ne faut jamais boucher les entrées et sorties d'air d'un logement, dans le cadre de la prévention des intoxications au monoxyde de carbone. Une ventilation obstruée peut empêcher un appareil à combustion, chaudière, poêle ou chauffe-eau, d'évacuer ses gaz correctement.
La distinction pratique est la suivante :
- Grilles d'aération de vide sanitaire, de cave ou de combles : on ne les bouche pas, on les protège par un grillage métallique fixé par-dessus. Un maillage fin freine l'air et s'encrasse : il se contrôle et se nettoie régulièrement pour que la ventilation reste efficace.
- Entrées d'air des fenêtres, bouches de ventilation mécanique, aérations de pièce équipée d'une chaudière ou d'un chauffe-eau, conduits de fumée : on n'y touche pas soi-même. Si des souris semblent y passer, faites intervenir un chauffagiste ou un professionnel de la ventilation.
- Sortie de sèche-linge : l'extension de l'université du Nebraska signale qu'un grillage inadapté y favorise l'accumulation de peluches et le risque d'incendie. Il existe des clapets prévus pour cet usage.
L'université du Nebraska note aussi qu'un grillage à mailles plus fines qu'un demi-pouce réduit nettement le débit d'air. C'est une raison de plus pour ne jamais improviser sur une ventilation liée au chauffage.
Boucher les trous de souris, c'est fermer chaque passage de plus de quelques millimètres avec du métal ou du mortier, jamais avec de la mousse seule, et seulement une fois les souris présentes éliminées. Les aérations se protègent par un grillage, elles ne se bouchent pas, et celles des appareils de chauffage restent l'affaire d'un professionnel. Une vérification avant chaque automne garde ce travail efficace dans la durée.




