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Bruit de souris la nuit

7 min de lectureDavid Terrade
Bruit de souris la nuit

Un bruit de souris la nuit ressemble à des grattements légers, des trottinements rapides, de petits couinements aigus ou un rongement régulier, dans une cloison, un faux plafond ou au-dessus d'une chambre. Il apparaît surtout après la tombée du jour, car la souris domestique est essentiellement nocturne. Le bruit oriente, mais il ne suffit pas : un rat, un loir ou une installation peuvent produire des sons proches, et seules des traces confirment la présence de souris.

Sur nos interventions dans l'agglomération toulousaine, beaucoup d'appels commencent par « j'entends quelque chose dans le mur ». Voici comment décrire ce bruit, ce qu'il dit de l'endroit où se trouve l'animal, et comment le confirmer avant d'agir.

À quoi ressemble un bruit de souris ?

Quatre types de sons reviennent. L'ICWDM, centre américain de référence sur la gestion des dégâts de la faune sauvage, décrit chez la souris domestique des bruits de rongement, d'escalade dans les murs, de course sur le dessus des plafonds, et un couinement aigu. Santé Canada évoque de son côté des bruits de course et de grattement dans les murs, la nuit.

  • Le grattement : un frottement bref et répété, souvent localisé au même endroit, quand la souris fouille un isolant ou aménage son nid.
  • Le trottinement : une série de petits pas rapides qui traverse un plafond ou longe une cloison, puis s'arrête net.
  • Le couinement : un cri aigu et bref, plus rare, parfois entre plusieurs individus.
  • Le rongement : un crissement régulier et prolongé, quand la souris attaque un matériau.

Le volume peut tromper. Selon l'ICWDM, les déplacements de souris sur un faux plafond peuvent être bruyants, au point de faire croire à un animal bien plus gros.

Pourquoi l'entend-on surtout la nuit ?

Parce que c'est son heure. L'Inventaire national du patrimoine naturel décrit la souris domestique comme essentiellement nocturne. Le programme de lutte intégrée de l'université de Californie précise qu'elle est surtout active la nuit, mais qu'on peut l'apercevoir en journée quand elle trouve de la nourriture.

Deux effets s'ajoutent. La maison se tait, ce qui rend audibles des sons couverts en journée. Et l'on est souvent couché, l'oreille près d'une cloison ou sous un plafond, à l'endroit précis où ces sons se propagent. Un bruit qui revient chaque soir à la même période, dans la même zone, est donc plus parlant qu'un bruit isolé.

D'où vient le bruit selon l'endroit où vous l'entendez ?

L'emplacement du bruit dit beaucoup de l'endroit où vit l'animal et du chemin qu'il emprunte.

  • Au plafond d'une chambre sous les combles : l'activité se situe dans l'isolant, au-dessus. C'est la situation que nous traitons dans notre article sur les souris dans les combles.
  • Dans un faux plafond : la souris circule dans le vide technique, souvent le long des gaines électriques ou de ventilation.
  • Dans une cloison ou un doublage : le bruit monte ou descend, signe d'un déplacement vertical le long des gaines et des montants.
  • En bas de mur, côté cuisine : la souris circule derrière les plinthes ou les meubles bas, près de la nourriture.
  • Dans un coffre ou une gaine technique : elle suit les tuyaux et les câbles d'un étage à l'autre.

Selon l'ICWDM, les nids de souris se trouvent dans les garages, les placards, les greniers, les sous-sols et les dépendances. Dans les maisons anciennes, la remontée vers les combles dès les premiers froids est fréquente : nous l'observons notamment dans le centre ancien de Blagnac.

Technicien accroupi près d'un canapé, lampe à la main, tandis que l'habitante montre le mur où elle entend gratter

Et si ce n'était pas une souris ?

D'autres sources produisent des bruits nocturnes proches. Le tableau résume ce qui aide à les départager.

Source possible Où Ce qui oriente
Souris cloisons, faux plafonds, combles, cuisine sons légers, crottes d'environ 6 mm
Rat caves, combles, greniers bagarres, rongement, crottes nettement plus grosses
Loir ou lérot combles, greniers animal nocturne, silencieux pendant l'hibernation
Chauve-souris toiture, combles cris surtout inaudibles, espèces protégées
Installation près des tuyaux et du chauffage bruit lié au chauffage ou à l'eau

Le rat. Selon l'ICWDM, le surmulot émet des couinements aigus, et l'on peut aussi entendre ses bagarres, son rongement et ses escalades. Les crottes font la différence : jusqu'à environ 19 mm chez le surmulot, contre environ 6 mm chez la souris. Notre article rat ou souris détaille les autres repères.

Le loir et le lérot. Ces deux petits rongeurs nocturnes peuvent s'installer dans les combles. Selon l'atlas des mammifères d'Auvergne-Rhône-Alpes, le lérot fréquente les maisons, et les greniers lui servent de site d'hibernation. Selon le Parc national des Cévennes, le lérot hiberne, comme le loir, d'octobre ou novembre jusqu'en avril. Un vacarme nocturne au grenier en plein hiver oriente donc plutôt vers une autre source, sans l'exclure tout à fait.

Les chauves-souris. Selon l'ICWDM, elles émettent surtout des ultrasons inaudibles, et quelques sons audibles. Toutes les espèces de France métropolitaine sont protégées, avec leurs sites de reproduction et de repos, par l'arrêté du 23 avril 2007, rappelle la DREAL Nouvelle-Aquitaine. Si vous soupçonnez leur présence, ne bouchez rien, ne les dérangez pas et demandez conseil à une association de protection des chauves-souris avant tous travaux.

Une installation. Un bruit qui coïncide toujours avec le démarrage du chauffage, l'ouverture d'un robinet ou une variation de température relève plus probablement de l'installation que d'un animal. C'est alors un plombier ou un chauffagiste qu'il faut consulter.

Comment confirmer qu'il s'agit bien de souris ?

En cherchant des traces là où le bruit se fait entendre. Trois vérifications simples suffisent souvent.

  1. Chercher des crottes au pied de la cloison concernée, dans les placards voisins, derrière l'électroménager, avec une lampe. Des crottes d'environ 6 mm confirment la souris. Les autres indices sont recensés dans notre article sur les signes de présence de souris.
  2. Poser une fine couche de farine. L'ICWDM décrit cette technique : une couche de farine lissée, posée pour la nuit sur un passage supposé, garde les empreintes. Posez-la sur un carton plat le long de la plinthe, hors de portée des enfants et des animaux, loin de toute nourriture, et relevez-la le matin.
  3. Tenir un carnet pendant quelques nuits : heure, pièce, type de bruit, durée. Ces notes font gagner du temps au moment du diagnostic.

Évitez en revanche de percer la cloison pour « voir », de taper sur le mur ou de boucher un trou au hasard. Une souris enfermée ressort ailleurs, et un perçage à l'aveugle peut toucher un câble ou une canalisation.

Que faire une fois la présence confirmée ?

Agir sans attendre que le bruit s'étende à d'autres pièces. Rangez les denrées dans des contenants fermés, ne laissez pas de gamelle pleine la nuit, et n'éparpillez pas d'appâts du commerce dans les cloisons ou sur l'isolant : les autorisations délivrées par l'ANSES imposent des postes d'appâtage sécurisés, et une souris empoisonnée peut mourir hors d'atteinte.

Si les bruits reviennent plusieurs nuits de suite et que des traces les accompagnent, un diagnostic des accès s'impose. Lors d'une dératisation, nos techniciens agréés Certibiocide repèrent les passages, posent des postes sécurisés sur les trajets identifiés et reviennent contrôler l'activité jusqu'à ce qu'elle cesse. Un rapport d'intervention vous est remis à la fin, et la garantie résultat couvre une éventuelle réapparition.

Un bruit de souris la nuit se reconnaît à des grattements, des trottinements, un rongement ou de petits couinements, entendus surtout après la tombée du jour. Il indique où chercher, mais seules les crottes, les empreintes et les dégâts confirment l'animal en cause. Une fois la souris confirmée, c'est le diagnostic des accès qui permet de retrouver des nuits silencieuses.

Questions fréquentes

Une souris peut-elle faire autant de bruit qu'un rat ?

Elle peut surprendre par le volume. Selon l'ICWDM, centre américain de référence sur les dégâts de la faune sauvage, les déplacements de souris sur un faux plafond peuvent être bruyants. Le bruit seul ne permet donc pas de trancher entre souris et rat. Ce sont les crottes, leur taille et leur emplacement, qui départagent les deux, avec l'aide d'un diagnostic si les indices se contredisent.

Pourquoi le bruit s'arrête-t-il quand j'allume la lumière ?

Parce que la souris reste à l'abri dans la cloison et se tait dès que la maison s'anime autour d'elle. Le silence qui suit un bruit de pas ou une lumière allumée ne veut donc pas dire qu'elle est partie. Notez plutôt les heures et les endroits sur plusieurs nuits.

Faut-il taper sur le mur pour faire fuir les souris ?

Cela ne règle rien. Le bruit les fait taire un moment, mais elles restent dans la cloison et reprennent leur activité. Taper ou percer à l'aveugle peut en revanche abîmer un câble ou une canalisation encastrés. Mieux vaut chercher des traces autour de l'endroit du bruit et faire diagnostiquer les accès.

Un ultrason anti-souris peut-il faire cesser le bruit ?

Nous ne le recommandons pas comme solution. Selon le programme de lutte intégrée de l'université de Californie, rien ne montre vraiment que les appareils sonores, magnétiques ou à vibrations chassent des souris déjà installées. Un appareil branché ne ferme aucune entrée et ne traite pas les souris installées dans une cloison ou un faux plafond. Tant que le passage reste ouvert et que l'abri est disponible, l'activité nocturne continue. La réponse durable reste le diagnostic, le traitement par postes sécurisés et le colmatage.

Les chauves-souris font-elles du bruit dans les combles ?

Selon l'ICWDM, la plupart des chauves-souris émettent surtout des ultrasons, inaudibles pour l'oreille humaine, mais aussi quelques cris audibles. Si vous soupçonnez leur présence sous le toit, ne faites rien vous-même : toutes les espèces de France métropolitaine sont protégées par l'arrêté du 23 avril 2007, avec leurs sites de repos et de reproduction.

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