En copropriété comme en gestion locative, la lutte contre les nuisibles dans les parties communes relève de l'entretien de l'immeuble : le syndic doit y pourvoir, et le bailleur doit délivrer un logement exempt de nuisibles. Depuis le 1er octobre 2023, ces règles figurent dans le Code de la santé publique, et non plus seulement dans les anciens règlements sanitaires départementaux. Un contrat régulier sécurise cette obligation et, surtout, sa traçabilité.
Voici, en tant que professionnels qui accompagnent syndics, agences immobilières et bailleurs, ce que dit précisément la loi et pourquoi un suivi programmé est la bonne réponse de gestion.
Qui est responsable des nuisibles dans une copropriété ?
Dans une copropriété, le syndic administre l'immeuble et pourvoit à sa conservation et à son entretien (art. 18 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965). La lutte contre les nuisibles dans les parties communes entre pleinement dans ce périmètre : caves, locaux à poubelles, gaines techniques, vide-ordures, halls et sous-sols sont autant de points sensibles où rongeurs et insectes prolifèrent.
Côté financement, ces interventions constituent une charge générale d'entretien, répartie entre les copropriétaires au prorata des tantièmes (art. 10 de la même loi). Concrètement, un contrat récurrent s'inscrit dans l'entretien courant et se vote en assemblée générale, au budget prévisionnel. En cas d'urgence, le syndic peut faire exécuter de sa propre initiative les mesures de sauvegarde nécessaires, sans attendre la prochaine assemblée.
Que dit la loi sur la dératisation des immeubles ?
C'est ici que beaucoup de prestataires restent en retard : ils citent encore l'ancien article 119 du règlement sanitaire départemental (RSD type de 1979). Ce texte existe toujours comme référence historique, mais il ne constitue plus la base à jour pour l'habitation.
Depuis le 1er octobre 2023, le décret n°2023-695 du 29 juillet 2023 a intégré les règles d'hygiène de l'habitat directement dans le Code de la santé publique (articles R1331-14 et suivants), en remplaçant en grande partie les anciens règlements locaux. L'article central est l'art. R1331-45 du Code de la santé publique : il impose de prendre « toutes mesures nécessaires » pour prévenir la prolifération des animaux causes de nuisances, « notamment les punaises de lit », et de remédier à leur présence par la dératisation et la désinsectisation des locaux. D'autres articles complètent le dispositif, comme le R1331-41 (interdiction des détritus attirant les nuisibles) et le R1331-54 (parties communes).
Une précision utile pour rassurer les gestionnaires : l'annulation partielle prononcée par le Conseil d'État le 29 août 2024 (n°488640) vise la sous-section relative aux caractéristiques techniques des locaux. Elle ne touche pas les articles anti-nuisibles, qui restent pleinement en vigueur. La base légale décrite ici est donc solide et actuelle.

Quelles obligations pour un bailleur ?
Pour un propriétaire qui loue, l'obligation est encore plus explicite. Un logement décent doit être « exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites » : c'est le texte de l'art. 6 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, modifié par la loi ELAN de 2018. Délivrer un logement, c'est aussi le délivrer sans nuisibles.
Les conséquences d'un manquement sont concrètes. Un logement infesté que le bailleur, informé, ne fait pas traiter peut caractériser un trouble de jouissance : le locataire ne bénéficie pas de la jouissance paisible à laquelle il a droit. La jurisprudence l'a reconnu dans une affaire d'infestation de cafards (Cass. 3e civ., 4 juin 2014, n°13-12.314), avec à la clé une réduction de loyer possible et l'engagement de la responsabilité du bailleur. Faire traiter rapidement, avec une preuve d'intervention, est donc autant une obligation qu'une protection.
Punaises de lit : locataire ou propriétaire, qui paie ?
C'est la question qui revient le plus souvent, et elle appelle une réponse mesurée. Le principe posé par une réponse ministérielle du Sénat (2019) est que le bailleur supporte le traitement des punaises de lit, sauf s'il apporte la preuve d'une négligence du locataire à l'origine de l'infestation.
En pratique, la répartition s'apprécie au cas par cas, en fonction des circonstances et de la charge de la preuve. Attention à une idée fausse répandue : il n'existe pas de délai légal chiffré qui ferait basculer automatiquement la responsabilité d'une partie à l'autre. Du point de vue de la gestion, la meilleure protection reste de documenter l'état du logement et d'intervenir sans tarder, plutôt que de miser sur un seuil qui n'existe pas dans les textes.
Pourquoi un contrat régulier plutôt que des interventions ponctuelles ?
Les textes ne parlent pas d'un traitement isolé : ils évoquent une vérification périodique et une action sans délai. Cette logique de continuité justifie un suivi programmé plutôt qu'une réaction dans l'urgence, une fois l'infestation installée et visible des occupants.
Pour un syndic ou un gestionnaire, un contrat régulier apporte des bénéfices très concrets :
- La traçabilité : des passages datés et des rapports écrits, la preuve la plus solide en cas de litige avec un copropriétaire ou un locataire.
- Un interlocuteur unique pour plusieurs immeubles, avec une vraie réactivité en cas d'alerte.
- La prévention : on intervient sur des points à risque avant la prolifération, pas après.
Une précision importante : le contrat annuel n'est pas, en soi, une obligation légale. C'est la bonne réponse de gestion à une obligation d'entretien qui, elle, est continue. C'est aussi l'un des critères qui distinguent un prestataire fiable, comme nous l'expliquons dans notre guide pour choisir une entreprise anti-nuisibles.
Que contient un contrat adapté à un immeuble ?
Un bon contrat de lutte anti-nuisibles pour un immeuble ne se résume pas à « un passage de temps en temps ». Il s'articule autour de quelques éléments structurants :
- Des postes d'appâtage et de piégeage installés en points à risque, localisés et documentés.
- Des passages programmés, avec des rapports tracés à chaque intervention.
- Une coordination avec le gardien ou le personnel d'immeuble, et l'information des occupants quand c'est nécessaire.
- Des techniciens agréés Certibiocide, gage d'une manipulation sécurisée des produits.
C'est exactement ce que nous proposons dans notre offre Sani-Prévention de dératisation et désinsectisation, pensée pour les agences immobilières, syndics et bailleurs sociaux. Un seul dispositif, plusieurs immeubles suivis, et la traçabilité que la loi et vos copropriétaires attendent de vous.




